aDsr - association Dyslexie suisse-romande

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A.N.A.E. 103 - Introduction

Les troubles dyslexiques durant la vie - Introduction (P.Zesiger, P.Cole)

Trop longtemps mal reconnue, banalisée ou incorrectement diagnostiquée, la dyslexie de développement fait aujourd'hui l'objet d'une attention accrue des la part des professionnels de l'enseignement et de la santé. Les recherches menées en psychologie cognitive et en neurosciences depuis les années 1970-80 ont profondément modifié notre manière d'appréhender les troubles d'apprentissages de la lecture et leurs causes. Ce bouleversement a largement contribué à la grande vague d'intérêt pour les "dys" qui déferle depuis quelques années sur l'Europe francophone, dans un contexte où la lecture est devenue un véritable enjeu de société. En effet, à intervalles réguliers, les médias rapportent les résultats d'études menées à l'échelle européenne selon lesquels la proportion d'individus ne parvenant pas à comprendre un texte écrit relativement simple à la fin de la scolarité obligatoire est alarmante. Y a-t-il un lien entre l'illettrisme et la dyslexie ? Enfant dyslexique = adulte illettré ? Le raccourci est tentant. Il faut cependant se garder des simplifications et des conclusions hâtives: l'illettrisme ne se réduit pas aux conséquences de la dyslexie de développement, tout au plus celle-ci parviendra-t-elle à expliquer une petite partie de celui-là. Mais la question demeure: comment évolue la dyslexie avec l'âge ? Que deviennent les enfants dyslexiques ? Comment intervenir auprès d'enfants, d'adolescents et d'adultes dyslexiques ?

Les travaux scientifiques des dernières décennies ont permis d'aboutir à une définition plus précise de la dyslexie, qui diffère tant soit peu des critères diagnostiques proposés par les principales nosographies internationales (OMS, DSM, etc.). Plusieurs éléments de cette définition nous paraissent fondamentaux:

  1. Le premier est que la dyslexie est conçue comme un trouble affectant l'apprentissage non pas de la lecture, mais de l'identification des mots écrits.
  2. Le deuxième est que l'origine la plus fréquente (voire exclusive selon certains) est un déficit des processus de traitement phonologique, véritable noyau dur du phénomène "dyslexie". Ce déficit phonologique a été retrouvé dans de nombreuses études, indépendamment des systèmes orthographiques, des cultures et des niveaux socio-économiques.
  3. Le troisième élément capital est le caractère permanent du trouble. En effet, rares sont les individus chez qui l'on observe une normalisation des performances avec le temps ou avec l'expérience de lecture. Certains dyslexiques parviennent à développer une lecture tout à fait fonctionnelle - et à trouver du plaisir à lire ! Mais même dans les situations optimales, il est possible de mettre en évidence la fragilité de certains des processus évoqués ci-dessus.

Formulé ainsi, le problème parait simple. Toutefois l'hétérogénéité des manifestations de la dyslexie observée au quotidien a de quoi déconcerter: la dyslexie s'exprime différemment, qualitativement et quantitativement, d'un individu à l'autre, d'un système d'écriture à l'autre. Elle est fréquemment - mais pas systématiquement - associée à d'autres troubles du développement ou des apprentissages. Certains dyslexiques semblent trouver des modes de compensation efficaces, d'autres non . . . Ainsi, les questions relatives au phénomène "dyslexie" continuent à représenter un véritable défi pour les chercheurs, les cliniciens, les enseignants . . . et bien évidemment pour les dyslexiques eux-mêmes ainsi que leur famille.

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Pour lire cette page en police Dyslexie de Christian Boer.