aDsr - association Dyslexie suisse-romande

Comment aider les enfants dyslexiques à l’école et dans la vie

Travail de maturité

Clarissa Lutzig

Ecole Lémania, 2013, Mme Florence Biegajlo

Entête travail de Clarissa 72 dpi

Préface

« "Ce message s’adresse aux petits garçons et aux petites filles qui ont le sentiment d’être inférieurs aux autres, parce que simplement ils ont une tendance naturelle à inverser les signes. Il faut leur dire et qu’ils sachent que l’on peut parler et raconter des histoires magnifiques sans savoir ni lire ni écrire…

Il faut leur dire et qu’ils sachent que l’on peut jouer de la musique, chanter, danser, sans savoir déchiffrer le solfège…

Ces petits garçons et petites filles que l’on appelle «dyslexiques» et qui ont des difficultés pour apprendre la technique de la lecture et de l’écriture, ont des qualités que les autres n’ont pas…

Ils mettront plus de temps à entrer dans le système de la Société qui les environne…

Mais pendant la période de ce dur apprentissage, ils auront acquis un regard très profond et ils sauront développer l’instinct qui permet de faire face aux réalités de la vie.

Il faut enfin qu’ils sachent qu’ils ne sont pas inférieurs aux autres, mais simplement et momentanément différents...

J’ai été un petit garçon qui a connu de telles difficultés… Je les ai surmontées avec le temps… et notamment grâce à des facultés d’adaptation à de nombreux sports, ainsi que par des disciplines artistiques..

 Tout comme moi, ils réussiront sur le chemin qu’ils choisiront…

Enfin, je souhaite à tous les enfants qui auront mon message, de ne jamais se décourager…"

 A tous affectueusement.

HUGUES AUFRAY [1]

 Photo de Hughes Aufray 72 dpi

Remerciements

Je remercie beaucoup Mme Goumaz, Mme Weber-Pillonel, le Dr. Woringer et bien sûr l’aide de Tiffany Noiset et de Mme Noiset.

 


 

 

Table des matières

 1.  Introduction et problématique                                                                                         4

 2.  Histoire de la dyslexie                                                                                                       5

 3.  Qu’est-ce que la: Comment aider et traiter                                                                  7

  • 3.1. Découvrir la dyslexie                                                                                        
  • 3.2. Dépister, aider et traiter                                                                                            7

3.2.1.      Diagnostic                                                                                            7

3.2.2.      Traitement                                                             9

3.2.2.1. Méthode Davis                                                                          

3.2.2.1.1.      Madame Christine Noiset

3.2.2.2. Méthode alternative                                                                 10

3.2.2.2.1.      Brain Gym                                                     11

3.2.2.2.2.      Utah Firth                                                      11

                                         3.2.2.2.3.      Schéma heuristique                                      11

4.  La réalité pour les enfants                                                                                              12

  • 4.1. Description de Tiffany Noiset                                                                                12
  • 4.2. École                                                                                                                      13
  • 4.3. Famille                                                                                                                   14

                         4.3.1. Parents                                                                                                   14

5. Aménagements à l'école                                                                                                16

  • 5.1. Dr. Woringer et Mme Bauwens

6. Conclusion                                                                                                                         17

7. Bibliographie                                                                                                                      18

8. Annexes                                                                                                                             19
Annexe 1 : Interview Tiffany Noiset                                                                                        19
Annexe 2 : Interview Mme Noiset                                                                                            21
Annexe 3 : Schéma heuristique                                                                                              25
Annexe 4 : Définitions des différents « dys »                                                                        26
Annexe 5 : Signes spécifique de la dyslexie                                                                          28
Annexe 6 : Définition de l'aDsr                                                                                                29
Annexe 8 : Proposition d'adaptation de la dyslexie à l'école                                                  30

 

 

1.  Introduction et problématique

La dyslexie représente un gros problème, pour les personnes qui en souffrent. Celui-ci se manifeste par toutes sortes de difficultés durant la période scolaire. Les enseignants ne savent souvent pas comment s’y prendre face à de tels cas. En effet, souvent, ils disent que l’enfant dyslexique est paresseux et ne travaille pas assez, ce qui n’est pas le cas. Les dyslexiques ont beaucoup de peine à suivre en classe, alors ils sont vite découragés, ce qui mène à une démotivation de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.

Je me suis intéressée à la dyslexie, parce que je suis moi-même dyslexique et que je connais beaucoup de personnes ayant les mêmes problèmes que moi, à différents degrés. C’est pour cette raison que j’ai participé à la Journée Dyslexique, où j’ai pu faire la rencontre de Dr. Virgile Woringer qui a présenté son sondage de  « l’étude inter-cantonale romande sur la situation des dyslexiques dans les établissements scolaires ». J’y ai aussi rencontré Tiffany Noiset, qui est touchée par la dyslexie. Elle a été d’emblée d’accord de témoigner, tout comme sa mère qui pratique la méthode Davis.

Aujourd’hui, il semble que chacun d’entre nous connaisse ou ait rencontré une personne touchée par la dyslexie. Mais peu de personne savent vraiment ce que veut dire « dyslexie ». Pour cette raison, les parents disent que « leurs enfants sont dyslexiques » et oublient qu’au début de l’apprentissage, chaque enfant a son propre rythme et ses propres difficultés, par exemple pour acquérir le vocabulaire et la lecture. Il s’agit souvent de problèmes de lecture ou de compréhension, qui sont cependant rattrapables.
Ainsi, je vais m’attarder sur le problème de la dyslexie : qu’est-ce que la dyslexie ? Comment les jeunes, touchés par la dyslexie, se sentent-ils ? Comment vivent-ils cette situation à l’école ?
Je vais commencer par expliquer la dyslexie et me pencher sur les méthodes utilisées, comme la méthode Davis. Puis je terminerai sur la réalité de l’enfant et de ceux qui l’entourent.


2.  Histoire de la dyslexie

D’après le blog dysmoi : le blog des dys, l’histoire de la lecture commence avec Paul Broca. Il décrit en 1861 « l’aire de Broca » qui est la zone de production des mots parlés, zone découverte lors  d’une autopsie pratiquée sur un patient aphasique (sans parole).
 L’aire de Broca est connectée à une deuxième zone : l’aire de Wernicke. Elle a été découverte par Carl Wernicke, une dizaine d’années après Broca. De la même manière que Broca, Carl Wernicke a analysé un patient aphasique. Cette zone est celle de la compréhension orale et de l’écrit des mots.

Le premier cas de dyslexie chez des enfants, qui ne pouvaient ni lire ni écrire mais ne présentaient pas d’autres perturbations, fut découvert en 1881 par Oswald Berkhan. Il parle de « cécité verbale ».

En 1887, le mot ‘dyslexie’ a été inventé par Rudolf Berlin, qui signifie ‘l’incapacité de lire’.
Le terme dyslexie vient de l’ancien grec : « dys » un préfixe péjoratif qui signifie dysfonctionnement ou difficulté et « lexie » renvoie au mot et à la lecture.

En 1896, W. Pringle Morgan, décrira ce phénomène comme « cécité verbale congénitale ».
En 1917, James Hinshelwood prouve que ce trouble ne dépend pas de l’intelligence de l’enfant mais soupçonne qu’il est lié à un défaut des fonctions cérébrales reliées à la mémoire visuelle des mots.
Dans les années 1900, les chercheurs pensaient que la lecture était un processus visuel, donc la source du trouble de la dyslexie.

En 1925, Samuel T. Orton, découvre un symptôme qui consiste en la confusion visuelle de lettres proches mais exclut des dommages cérébraux. Il la nomme strephosymbolia qui signifie « signes tordus ». Il souligne que la dyslexie n’est pas seulement liée à un déficit visuel. Mais aussi, à une asymétrie du cerveau. Ainsi il pense qu’un des deux hémisphères ne domine pas suffisamment l’autre, ce qui provoque ce trouble.

Depuis les années septante, beaucoup de recherches ont été faites sur la dyslexie génétique.
C’est seulement au début des années nonante, que la piste génétique se clarifie grâce à l’amélioration technique en laboratoire.

En mai 1997, la dyslexie rentre dans la classification des maladies génétiques. Elle est reconnue en 1991 par l’OMS.
La définition officielle, qui a été adoptée par l’OMS est conçue comme « une difficulté durable d’apprentissage de la lecture et d’acquisition de son automatisme chez des enfants intelligents, normalement scolarisés, indemnes de troubles sensoriels et de troubles psychologiques préexistants». Mais il reste difficile de la délimiter, car chaque cas est différent de l’autre.

Encore aujourd’hui, différentes études et recherches sont faites pour comprendre ce trouble et la manière de le soigner puisqu’il touche 3 à 20% de la population. Mais avec les progrès en neurosciences cognitives, on a pu étudier la base cérébrale de la dyslexie.
Nous savons maintenant que la dyslexie est héréditaire, qu’elle est une maladie neurologique, que l’on n’en guérit pas et qu’elle ne dépend pas de l’intelligence.


3.  Qu’est-ce que la dyslexie : Comment aider et traiter

3.1    Découvrir la dyslexie

De nos jours, chaque personne connaît un ou plusieurs cas de dyslexie. Mais rares sont celles qui savent exactement ce qu’est la dyslexie.
La dyslexie est « un dysfonctionnement cérébral conditionné par le développement cérébral fœtal et de la petite enfance » qui touche le traitement du mot dans le langage écrit et oral. Elle n’est pas à confondre avec l’analphabétisme, qui est une absence d’apprentissage de la lecture.
Ce dysfonctionnement est maintenant quotidien dans le milieu scolaire et est considérablement lié à l’échec scolaire. Il rend l’accès à la réussite professionnelle et culturelle très difficile pour les personnes touchées, ce qui engendre une vie émotionnelle souvent bouleversée, provoquant l’angoisse des parents et des enfants touchés.

3.2    Dépister, aider et traiter

 3.2.1    Diagnostic

Le diagnostic doit être établi le plus tôt possible, pour réussir à mettre en place l’aide la plus efficace et le meilleur traitement possible pour l’enfant touché. Les parents, grâce à leurs observations à la maison, les enseignants, qui peuvent dire où se situe le niveau dans l’apprentissage de la lecture et de l’écrit de l’enfant, et les spécialistes, qui, grâce aux théories et à leur expérience peuvent cibler le problème de l’enfant, jouent un rôle important dans la mise en place du suivi thérapeutique.
Les spécialistes sont les médecins et pédiatres qui excluent des problèmes de vue ou de l’ouïe, les psychologues et les neuropsychologues sont ceux qui s’assurent qu’il n’y a pas de problème psychologique, et les orthophonistes ou logopédistes garantissent que c’est un problème lié à une dyslexie, donc qui touche le langage écrit et oral.
Le bilan construit, à la fin des consultations, pourra permettre de poser le diagnostic.
Ensuite l’enfant sera pris en charge par un/e logopédiste, il suivra une rééducation ciblée et aura trouvé du soutien psychologique.
Le diagnostic doit être vérifié régulièrement pour son efficacité et pour effectuer des changements s’il y a une persistance des problèmes rencontrés.

Le diagnostic se construit sur les degrés de la gravité de la dyslexie, qui vont de gravité mineure à fortement prononcée, et sur le type de dyslexique.
Les différents types de dyslexie sont liés aux problèmes qu’elle amène, comme des « difficultés de traitement de l’information visuelle, auditive ; des troubles de l’analyse séquentielle, de la latéralisation, de l’orientation dans le temps et dans l’espace ; un déficit de la mémoire à court terme ». On a pu identifier deux grands types de dyslexie grâce à des neuropsychologues :
« La dyslexie dysphonétique, ou dyslexie phonologique : elle caractérise la difficulté à changer les graphèmes (lettres) en phonèmes (sons) et à les assembler ».
 « La dyslexie dyséidétique, ou dyslexie de surface : elle caractérise la difficulté à mémoriser et à reconnaître la forme du mot et la tendance de recourir au changement graphème-phonème ».
Lorsque la gravité de la dyslexie se présente sous forme mineure, elle ne touche généralement que l’écrit de l’enfant. Le problème de la dyslexie de gravité mineure est qu’elle est fréquemment identifiée très tard, dans la scolarité de l’enfant, après la fin de la première année primaire. Le problème qui l’accompagne souvent est que l’enfant ne pense pas qu’il est dyslexique, car il a de la facilité à l’oral et à la lecture, donc il est souvent traité de paresseux ou de bête.
Et lorsque la gravité de la dyslexique est fortement prononcée, elle se présente sous la forme d’une impossibilité de l’utilisation de l’écrit pour apprendre et comprendre. L’avantage de la dyslexie sévère est qu’elle est repérée simplement et très tôt, ce qui facilite l’anticipation des problèmes que va rencontrer l’enfant à l’apprentissage de la lecture.

Dans toute circonstance, le diagnostic doit être posé pour chaque dyslexique afin d’éviter l’échec scolaire. Il amène aussi un soulagement chez les parents, qui savent maintenant ce que leur enfant a comme problème. Ceci se remarque aussi chez les enfants qui font, eux, plus de progrès, après être rassurés grâce à l’aide des spécialistes.

 3.2.2 Traitement

Après le bilan, l’enfant est pris en charge par un/e logopédiste. L’enfant peut alors commencer le traitement adéquat, en rapport avec ses difficultés. Pour être encore mieux aidé, il peut suivre, en plus du traitement logopédiste, des méthodes alternatives.
Il existe plusieurs méthodes différentes, comme la méthode d’Utah Firth, de Brain Gym© et celle de Ronald D. Davis© qui sera présentée par Madame Noiset, qui pratique cette méthode. Elle repose sur le fait que la dyslexie est un signal de talent.
Il existe bien sûr beaucoup d’autres méthodes différentes.

3.2.2.1 La méthode Davis©

 Elle a été créée par Ronald Dell Davis. Malgré un Q.I. de 137, Ronald D. Davis  ne parvenait ni à lire ni à écrire jusqu’à l’âge de 18 ans. Il est dyslexique. Et c’est après avoir suivi plusieurs années de logopédie, qu’il a développé des exercices sur lui-même, et a trouvé une méthode à succès. Maintenant il enseigne sa méthode à des jeunes dyslexiques, mais aussi aux différents experts, comme les logopédistes, qui veulent continuer leur formation.

« L’efficacité de sa méthode réside dans le fait qu’il utilise les dons du dyslexique pour lui permettre de maîtriser les symptômes qui le freinent dans ses apprentissages »

Comme le dit la phrase, le dyslexique est très à l’aise dans les milieux de créativité, de stratégie et du manuel. Il a souvent une vision tridimensionnelle très bonne, c’est pour cela que la méthode Davis utilise beaucoup les images et se concentre sur l’essentiel, dont l’enfant dyslexique a besoin pour apprendre à connaître le langage écrit.
Par contre, la vision en trois dimensions, qui est un de ses atouts, peut aussi représenter une faiblesse qui ressort dans les milieux scolaires, dans le raisonnement linéaire et séquentiel. C’est pourquoi le langage écrit est très mauvais chez les personnes touchées.


Madame Christine Noiset est une mère d’enfant dyslexique, Tiffany Noiset. Elle utilise depuis 10 ans environ la méthode Davis. Au début, pour pouvoir suivre sa fille et par la suite pour en faire profiter d’autres personnes.
Elle nous apprend que la méthode Davis est très particulière car elle ne travaille pas sur les faiblesses du malade, mais sur les dons du dyslexique (les milieux où les dyslexiques sont à l’aise). Elle est applicable aussi avec les  ‘troubles dys-associés’.
Christine N. a remarqué, qu’après six heures de travail par jour pendant cinq jours, sa fille avait fait d’énormes progrès dans la lecture et l’oral. À partir de là, elle a vu que sa fille avait une chance de réussite scolaire, de faire des études, d’avoir confiance en elle et d’aimer et d’apprécier de lire des livres.

 3.2.2.2 Méthode alternative

Pour aider les enfants dyslexiques dans leurs apprentissages, il existe plusieurs méthodes. C’est ce qui est intéressant, parce que chacune d’elle représente une manière différente d’apprendre. Chaque dyslexique peut ainsi choisir la ou les méthodes lui permettant de trouver de l’aide pour apprendre le mieux possible.

Les approches différentes que proposent ces méthodes alternatives sollicitent d’autres canaux d’apprentissage : la mémoire visuelle (schéma heuristique), auditive, kinesthésique (Brain gym©), la mémoire des histoires, et autres.
Le dyslexique pourra enfin apprendre et intégrer les automatisations essentielles.

    
 3.2.2.2.1 Le Brain gym©

La méthode Brain Gym© est aussi nommée Kinésiologie éducative. Elle a été créée par le Dr. Paul Dennison. Cette méthode est aussi utilisée par Madame Noiset qui l’utilise comme échauffement à l’entraînement de la méthode Davis. Elle consiste à aider des personnes qui ont des difficultés d’apprentissage. Elle utilise les deux hémisphères cérébraux à l’aide d’un entraînement régulier. On peut l’utiliser au quotidien à la maison, mais aussi à l’école.

 3.2.2.2.2 Utah Firth

Utah Firth est une méthode qui est un modèle du développement de la lecture. La personne pourra passer du langage oral au langage écrit en trois grandes étapes, qui sont : en premier l’identification du mot, en deuxième le développement du mot et en troisième l’orthographe.

3.2.2.2.3 Schéma heuristique

La méthode des schémas heuristiques, ou carte muette aide l’enfant à structurer un texte. C’est une approche non linéaire du texte, une façon d’apprendre très naturelle pour les enfants dyslexiques, car ce schéma se caractérise par des dessins, des mots clés, des signes et autres symboles personnels. De cette façon, l’enfant voit, de manière visuelle, la structure du texte et en quoi il consiste.


4.  La réalité pour les enfants

4.1 L’histoire de Tiffany Noiset

Tiffany Noiset est une jeune fille de 20 ans aujourd’hui, qui sait lire, écrire et a réussi son CFC d’esthéticienne.
Malheureusement, elle n’a pas eu un passé très favorable à la réussite scolaire. Jusqu’à ses 10 ans, elle ne pouvait lire. Pourtant elle était suivie depuis 4 ans déjà par la logopédiste de son école privée, par une psychomotricienne et par une pédopsychiatre. Malgré cela, ils n’avaient pas découvert que Tiffany souffrait de différents « dys » : d’une dyscalculie, d’une dyslexie, d’une dysorthographie et d’une dyspraxie. Après elle va changer d’école, elle va entrer à l’école spécialisée dans la pédagogique de Rudolf Steiner. À partir de ce moment, elle a pu faire sa scolarité et la réussir. Puis elle a décidé de faire un CFC d’esthéticienne, grâce à l’aide d’aménagements officiels aux examens et grâce à l’appui de Berne, elle a pu réussir ses examens.
Tiffany démontre que malgré les gros problèmes qu’elle a eus, elle a réussi sa scolarité avec le soutien de sa mère et de la méthode R. Davis.

Tiffany est un cas qui montre que les méthodes qu’utilisent les logopédistes ne suffisent pas toujours pour améliorer l’écrit ou même pour découvrir que Tiffany est touchée par plusieurs « dys ». Elle a pu comprendre ce dont elle souffrait uniquement grâce à la méthode Davis. Sa mère a fait appel à une spécialiste qui la pratique. Et ce n’est qu’ensuite que Tiffany a pu progresser.
Ceci montre que la théorie des livres qu’utilisent les logopédistes n’est pas toujours adaptée pour quelqu’un comme Tiffany. Elle a utilisé une méthode, qui a été réalisée par un dyslexique, pour apprendre les bases. Et seulement après, elle a pu utiliser les méthodes des logopédistes.

Nous pouvons voir que chaque méthode apporte quelque chose d’intéressant. Mais elles ne seront pas toutes utiles pour chaque dyslexique, comme pour Tiffany. Chaque dyslexique est unique, alors chacun aura besoin de son mélange de méthodes. Les livres disent beaucoup mais ne sont pas nécessairement utiles au traitement d’une dyslexie particulière.


4.2 École

Comme je le disais déjà dans l’introduction, l’école est un grand problème pour toute personne touchée par la dyslexie et/ou par des troubles dys-associés.
Les professeurs des écoles ont souvent un programme à faire avec une classe d’environ 15 à 20 élèves. Ils n’ont pas assez de temps pour aider chaque élève. Et si un élève ne comprend et ne suit pas, l’enseignant va essayer de faire son possible, mais ne peut pas passer plus de temps avec celui-ci qu’avec un autre. C’est pour cela que les enseignants contactent, idéalement, les parents de l’élève en question et ils leur conseillent de voir un spécialiste en dehors des cours, avant même que l’élève ne se décourage et refuse d’aller en cours et finalement change d’école, comme en témoigne Tiffany. Elle a été traumatisée par son ancien professeur et a fini par se cacher dans les toilettes.

L’enseignant joue un rôle déterminant dans la réussite ou l’échec de la scolarité d’un élève « dys ».

« Le malheur avec les enseignants, c’est non seulement qu’ils sont très mal formés en dyslexie, mais encore qu’ils ignorent superbement les étapes normales du développement de l’enfant. Alors ils disent que ‘cela va décrocher, ma brave dame’, etc. fausses connaissances empiriques qui ne valent rien. Ils doivent, dès qu’ils ont le soupçon, présenter l’enfant au logopédiste, qui conclura effectivement dans certains cas qu’il faut attendre 3, 6 mois, mais sur une base professionnelle solide ! Mais le ‘bon enseignant’ sait, puisqu’il enseigne ! Je précise que certains sont excellents, mais d’autres, en 25 ans d’enseignement, ne m’ont jamais parlé d’un dyslexique ou de dyslexie. »


4.3 La famille

Dans les familles, l’atmosphère plus ou moins bonne influencera le développement de l’enfant. Si le soutien des parents est présent, si le dyslexique peut avoir un traitement tôt et est pris au sérieux et est accepté par sa famille, tout cela fera la différence.
La famille est très importante pour chaque individu, touché ou non par la dyslexie.

 4.3.1 Les parents

Qu’est-ce que signifie d’avoir un enfant dyslexique pour les parents ?
En premier plan, c’est un problème, car ils ne savent ni comment réagir, ni qu’est-ce c’est et ni où trouver des informations pour aider leur enfant. Les parents, qui n’ont jamais été en contact avec la dyslexie, sont souvent surpris et ne comprennent pas ce que leur enfant a, alors que les autres enfants ne montrent pas les mêmes signes. Malheureusement certains parents se mettent souvent en conflit et défavorisent leur enfant en l’ignorant ou le grondant. L’enfant risque alors de perdre confiance en soi et aura un sentiment de honte en décevant ses parents. Mais les parents sont les seules personnes qui peuvent maintenir l’estime de soi de leur enfant, c’est un rôle capital, que personne ne peut le remplacer.

En général, ils sont guidés par le pédiatre ou par le professeur de langue vers un/e logopédiste qui leur fera comprendre que leur enfant n’est pas malade mais qu’il a juste une façon de penser différente des enfants non touchés. Les alternatives ne sont pas encore abordées.

Ensuite, souvent les parents prennent l’initiative de chercher des informations complémentaires, à l’aide d’Internet par exemple.
Malheureusement, il n’existe pas de documentation sur les différentes méthodes traditionnelles et alternatives, ni de comparaison entre les méthodes, ni les points positif ou négatif d’une méthode pour une « dys » spécifique, à portée de main des parents pour les aider à trouver plus facilement la bonne méthode pour leur enfant. Les parents perdent ainsi du temps précieux à chercher des informations et des personnes formées susceptibles d’aider leur enfant de manière la plus ciblée possible. Comme le montre l’exemple de Madame C. Noiset avec sa fille : elle ne savait pas ce qu’elle avait et c’est seulement après avoir lu un livre sur la dyslexie, qu’elle a trouvé par hasard. Elle a pu se rendre compte que sa fille montrait des signes spécifiques de la dyslexie.

L’aDsr cherche à combler cette lacune d’information chez les parents et les enseignants, mais son existence est mal connue.

Finalement après avoir trouvé des informations et renseignements sur les méthodes complémentaires, les parents se heurtent à l’obstacle financier, car contrairement à la logopédie qui est payée par le canton de Vaud, les méthodes complémentaires ne sont pas prises en charge. Ce qui signifie qu’elles ne sont pas accessibles pour tout le monde.

Plus la dyslexie est perçue tôt, mieux l’enfant se portera à l’école et réussira sa scolarité avec une bonne perspective pour l’avenir et les tensions dans la famille seront atténuées. La vie de famille devient ainsi plus agréable pour tous les membres de la famille.

 

5.  Aménagements à l’école

Les aménagements de base spécifiques à l’enfant dyslexique à l’école sont faciles à installer et à appliquer. Comme le propose l’ARLD section bernoise, au travers de sept adaptations et six propositions pratiques, on peut : accorder plus de temps pour les travaux, lire des consignes et présenter clairement les informations. Ces adaptations sont à appliquer individuellement.
Toutefois la réalité montre qu’en moyenne seulement, 2,3% des mesures d’aménagement sont utilisées. Dr. Woringer a pu démontrer que donner plus de temps pour les évaluations est la mesure la plus utilisée car c’est la plus simple à appliquer. La lecture des consignes, pourtant si nécessaire à la compréhension du problème posé, ne recueille paradoxalement que très peu de suffrages. Il en va de même pour les 3 autres moyens, « utilisation de l’informatique, du dictionnaire électronique, l’adaptation des évaluations, et moins de devoirs ».
Même si des mesures sont proposées et installées une année, le relais à l’année suivante n’est souvent pas donné, ce qui rend la vie plus difficile aux élèves et aux parents. Pourtant « la préparation à un enseignement pour les enfants dyslexiques est un des points-clés de leur réussite scolaire ». Malheureusement, la formation des maîtres de classe est insuffisante face à la dyslexie et aux autres dysfonctions.

On peut constater que les mesures applicables devraient être mieux diffusées dans le milieu scolaire et chez les parents. Le passage d’une année à l’autre devrait aussi être facilité par une meilleure transmission des informations de l’enfant.


6.  Conclusion

L’enfant dyslexique n’est pas malade, ni handicapé, ni mentalement retardé. Il a juste une manière d’être et de penser différente. On sait aujourd’hui que c’est un dysfonctionnement cérébral. Il peut engendrer, s’il n’est pas découvert tôt, un échec scolaire, professionnel et émotionnel, qui pourrait être réduit, voire évité, par un diagnostic précoce.
Différents dyslexiques célèbres comme Pablo Picasso, Leonardo Da Vinci, Albert Einstein, Bill Gates et beaucoup d’autres, qui ont fait avancer l’humanité,  le démontrent. La dyslexie ne les a pas empêchés de devenir de brillantes personnalités !
Ceci prouve qu’il ne faut jamais abandonner son enfant, ni son élève.

Ces dernières années beaucoup de méthodes différentes ont été développées. Il n’y a pas la méthode miracle pour aider un enfant dyslexique. C'est-à-dire qu’une méthode peut correspondre aux besoins d’un dyslexique mais pas à un autre. La méthode de base reste la logopédie, qui malgré tout n’est pas toujours la solution complète. Mais trouver la méthode complémentaire appropriée pour le dyslexique est un chemin difficile et plein des obstacles. La plupart des méthodes  ne sont ni officielles et ni bien connues. Et comme elles ne sont pas reconnues par l'état, elles ne sont pas remboursées, donc les parents ne peuvent pas toujours se permettre de les payer.
Malheureusement  il n'existe pas de documentation sur ces méthodes pour renseigner les parents, qui ne peuvent que s'orienter selon les dires et recommandations d’un/e logopédiste. Trop fréquemment encore, ces derniers ne sont pas au courant des différentes méthodes alternatives ou les voient comme concurrence.
Un des grands soucis pour les dyslexiques est que les enseignants ne sont pas assez informés sur la dyslexie et les 'dys-associés', donc ils ne savent pas comment réagir à ce dysfonctionnement et n'appliquent pas les aménagements (déjà officiels et reconnus) pour aider l'enfant.

En conclusion, comme le dit un dyslexique célèbre : «L'enseignement devrait être ainsi: celui qui le reçoit, le recueille comme un don inestimable mais jamais comme une contrainte pénible ».


7.  Bibliographie

Les livres :
BÉLIVEAU Marie-Claude, Dyslexie et autres maux d’école, 2007, CHU Sainte-Justine.
DAVIS Ronald D., Legasthenie als Talent-Signal, 1994, Ariston, Allemagne.
DUMONT Annie, La Dyslexie, 2004, Solar, France.
DUVILLIÉ Rébecca, Petit dyslexique, 2007, Marabout, France.
MÜLLER Monika Lichtsteiner, Dyslexie, Dyskalkulie, 2011, Hep Verlag AG, Bern.
VINCENT Élisabeth, La dyslexie, 2007, Milan, France.
Dr. WORINGER Virgile et BAUWENS Rita, Avis des parents d’enfants dyslexiques, document, été 2010, Vaud.

Autres Sources :
Interview de Tiffany Noiset.
Interview de Madame Christine Noiset.

Sites internet:
http://www.adsr.ch, consulté en mars 2011.
http://dysmoi.over-blog.com/pages/Historique_de_la_dyslexie-1975184.html, consulté en avril 2011.
http://dysmoi.over-blog.com/pages/definition-de-la-dyslexie-1975252.html, consulté en avril 2011, devenu en 2012 : http://www.dysmoi.fr/troubles-dapprentissage/dyslexie-dysorthographie/historique-de-la-dyslexie/ .
http://www.francoismaret.ch/dotclear/index.php?q=dyslexie, consulté  le 5 Avril 2012.
http://www.dyslexie-dennison.ch, consulté le 15 avril 2012.
http://www.evene.fr, consulté le 18 avril 2012.
http://www.gre10.ch/, consulté  le 31 mai 2012.
http://www.wikipedia.com, consulté en août 2012.
http://www.reseau-normandys.org, consulté le 3 août 2012.
https://www.facebook.com/notes/fed-enfanceeducation-daniel-schneegans/lettre-dhugues-aufray-aux-enfants-dyslexiques/346804902023208, consulté le 24 septembre 2012

 

8.  Annexes :

Annexe 1


Interview de Tiffany Noiset :

1. Quand a été diagnostiquée la dyslexie ? (date)
2. Comment avez-vous vécu l’école avant et après le diagnostic ? (Développer)
3. Est-ce que la méthode Davis a été une grande aide ?
4. Comment vous a-t-elle aidé ? (Développer)
5. Vous dites que la méthode Davis vous a beaucoup aidée, pouvez-vous préciser par quels moyens cette méthode vous a fait progresser ?

1. Avant l’âge de 9 ans, j’ai beaucoup rencontré les psychologues, les pédagogues et les psychomotriciennes.
Grâce au livre de Ronald Davis, Legasthenie als Talentsignal, donné par ma marraine au début de mes 9 ans, on a pu constater que j’ai eu tous les « dys » (dyscalculie, dyslexique, dysorthographique,..).
A 6-7ans l’école a été un enfer, les seuls moments tranquilles étaient pendant le chant et la natation (car je n’y entendais aucune remarque des remarques de la maîtresse et des autres élèves).
Une petite anecdote : « La maîtresse me pointait toujours du doigt, quand il y avait une faute dans mon orthographe ou pour aller écrire au tableau la dictée » (rien de pire et traumatisant à vie pour tout dyslexique).
Petite solution vu que les dyslexiques sont intelligents et peuvent avoir un quotient intellectuel supérieur ! J’ai choisi la fuite des dictées et des cours de grammaire, en allant aux toilettes jusqu’à entendre la sonnette indiquant la récré !
Après ça, j’ai presque été autiste (renfermement sur soi et être dans son monde). Je suis allée à l’école spécialisée dans la pédagogique de Rudolf Steiner, l’école des Jordils (l’école du paradis des « dys » !).

2. J’ai su seulement à mes 9 ans, grâce à la méthode R. Davis que j’étais « dys » (40h de travail intensif avec une spécialiste venue de Paris) et après j’ai continué à appliquer ces techniques américaines qui sont très efficaces, car R. Davis était, lui-même, dyslexique profond et en plus autiste sévère. C’est en s’observant qu’il a créé des techniques capables d’aider les dys dans leur quotidien. L’école des Jordils développe le côté artistique (les dyslexiques sont capables de voir en 3D et de tourner les objets dans tous les sens (de haut en bas, de gauche à droite). La méthode R. Davis m’a beaucoup aidée, la lecture orale était très difficile et maintenant, c’est beaucoup plus simple.

3. Oui Beaucoup !

4. En tout, confiance, construction de soi, expression (+théâtre), calcul et développement du potentiel cérébral, ainsi qu'une augmentation des 5 sens, grâce à la sophrologie que ma mère fait en complément au travail de R. Davis et le Brain Gym (gymnastique du cerveau).

Ce qui m'a beaucoup plu dans le programme Davis, c’était que j'apprenais en m'amusant, en créant, domaine que j'apprécie beaucoup dans ma vie et donc ces heures de cours m'étaient agréables, tout en étant très utiles.
Avec les exercices pour la dyscalculie, j'ai beaucoup mieux compris les opérations mathématiques et le symbole chiffre, grâce aux modelages.

Le dyslexique se concentre trop sur chaque mot, ce qui engendre une sorte de saturation et ce qui rend la globalité du contenu vague. Par contre, il est très visuel et est capable de très bien se repérer dans l’espace et le temps.
J’ai eu beaucoup de peine à faire comprendre à ma directrice d’école que je souffrais réellement de ce handicap. Malgré mes certificats médicaux et l’appui de Berne, je n’ai pas reçu l’accord de la direction pour qu’on me donne les droits attendus des droits de dyslexiques. Finalement, la direction générale de l’EPSIC a accepté et a reconnu ma situation.
Souvent les dyslexiques, à force d’isolement, se créent leur propre monde, et deviennent décalés par rapport à la réalité, ils se forgent leur réalité propre.
Grâce à la compréhension des professeurs de l’école des Jordils et du contact social, j’ai diminué mes périodes durant lesquelles je m’échappais de la réalité.

5. J'ai pris confiance en moi, alors que j'étais complètement repliée sur moi-même, on m'avait diagnostiquée pré-autiste!
Mes capacités d'attention, de concentration et de mémoire se sont vraiment améliorées.
Surtout, j'ai pris goût à la lecture, alors que j'y étais allergique et que j'étais incapable de lire jusqu'à 10 ans.


Annexe 2

Interview Christine Noiset :

1. Comment avez-vous vécu la dyslexie de votre fille ? (Développer)
2. Pourquoi s’être intéressée particulièrement à la méthode Davis ? (Développer)
3. C'est bien juste que vous donnez des séances de la méthode R. Davis, vous avez décidé de pratiquer cette méthode-là, après avoir vu comment Tiffany avait du succès avec Davis? Pourquoi avez-vous décidé de commencer et de continuer à pratiquer cette méthode et de faire une licence?

1. La dyslexie de ma fille a été une des épreuves les plus pénibles de ma vie, voici pourquoi:

Venant moi-même d'une famille d'enseignants et étant passionnée par la lecture et par les études depuis mon plus jeune âge, il m'a été très difficile de faire le deuil et d'accepter que ma fille n'aurait pas les mêmes chances que moi et que l'accès aux hautes études lui serait fermé!
 
 Le plus pénible fut l'absence de diagnostic concernant Tiffany et ainsi de trop nombreuses années perdues pour elle dans ses apprentissages avec comme conséquence un repli total sur elle-même et le développement d'un grand manque de confiance en elle. Elle était suivie chaque semaine, ceci pendant 4 ans, par la logopédiste de son école privée, par une psychomotricienne et par une pédo-psychiatre. Jamais le diagnostic de dyslexie n'a été émis pendant toutes ces années! Je ne comprenais pas comment une enfant aussi intelligente était incapable de lire, encore à 10 ans. La marraine de ma fille a eu la bonne idée de m'acheter le livre de R.Davis et c'est moi-même, en lisant le descriptif des 37 symptômes révélateurs de la dyslexie, qui ai posé le diagnostic de dyslexie sévère pour Tiffany. C'était le début de la libération pour elle et pour moi car enfin, nous savions ce qu'elle avait et nous pouvions agir!

Donc la dyslexie de Tiffany m'a permis de me rendre compte de la difficulté très importante pour les parents de gérer ce qui apparaît, dans les premières années de scolarité de l'enfant, comme un handicap, mais qui peut se révéler comme étant une grande richesse par la suite (les dons du dyslexique).
 
L'attitude très négative de la maîtresse d'école de Tiffany, à son égard, en première année primaire constitue un très mauvais souvenir, pour ma fille comme pour moi-même!
 
Cette personne passait son temps à dévaloriser ma fille devant les autres enfants plutôt que d'essayer de comprendre ce qui lui arrivait et de lui accorder plus de temps. La conséquence, en fin d'année fut pour Tiffany le repli complet sur elle-même (on a parlé de pré-autisme!) et la nécessité absolue, selon la pédo-psychiatre , de la mettre en enseignement spécialisé!
 
Pendant mon travail auprès des dyslexiques, j'ai souvent constaté chez les enseignants l'absence de connaissances sur la dyslexie et très peu de motivation, chez eux, à se documenter pour combler leurs lacunes et pour aider leurs élèves en difficulté. Il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour améliorer la détection de la dyslexie, le plus tôt possible dans les classes et pour appliquer les mesures nécessaires d' adaptation de l'enseignement aux dyslexiques, avec comme buts de leur faciliter la vie scolaire et de leur assurer un meilleur avenir.

2. Quelques mots sur la méthode R.Davis et en quoi elle a aidé Tiffany:

D'abord le livre de R.Davis intitulé le don de dyslexie fut une révélation pour moi, dès la première lecture. En effet, dans la description des 37 symptômes révélateurs de la dyslexie selon R..Davis, j'ai tout de suite reconnu ma fille, ce qui m'a permis d'établir moi-même le diagnostic la concernant, celui-ci n'ayant jamais été mis en évidence avant (elle avait déjà 10 ans), malgré son suivi régulier par trois thérapeutes: la logopédiste de son école privée, la psychomotricienne et la pédopsychiatre!
 
J'ai tout de suite fait venir de Paris une personne formée à la méthode R.Davis, elle s'est occupée de Tiffany 6 heures par jour pendant 5 jours d'affilée. Avec l'application régulière des outils du programme, j'ai constaté des améliorations importantes chez ma fille: plus de calme et de confiance en elle avec la facilitation des contacts avec les autres, une nette amélioration de la qualité de son écriture et une lecture nettement facilitée avec le développement du goût de lire qui ne l'a pas quittée par la suite, ceci étant un facteur qui a favorisé la réussite de son CFC d'esthéticienne.
 
Cette méthode lui a permis, par l'utilisation de ses dons créatifs et de sa bonne vision en 3 dimensions, de maîtriser les symptômes dyslexiques (utilisation de la pâte à modeler), de mieux se connaître et de repérer les moments où elle se désorientait.
 
Elle s'est aussi rendu compte qu'elle possédait des dons communs aux dyslexiques et que ceux-ci lui serviraient tout au long de sa vie, à condition de s'en servir, grâce aux outils R.Davis.

Je me suis souvent demandé quel aurait été l'avenir de ma fille sans la découverte de cette méthode, vu qu'à 10 ans elle ne lisait pas du tout, je suis persuadée qu'elle n'aurait jamais pu faire d'études! Merci Ronald Davis d'exister et de continuer de former des pédagogues destinés à donner une aide plus qu'efficace aux personnes dyslexiques de tous les âges!

3. En effet, j'ai toujours pratiqué la méthode R.Davis, avec succès et sans interruption, ceci depuis une dizaine d'années, sur des personnes dyslexiques de tous les âges (mon élève le plus âgé avait 54 ans).
 
Pour obtenir encore de meilleurs résultats avec mes élèves, je complète ce programme par l'application d'exercices de Brain Gym et souvent aussi par l'enseignement de la Sophrologie Caycédienne (je viens de terminer mon Master dans ce domaine après 4 ans de formation).
 
C'est en constatant tous les progrès réalisés par ma fille, suite au programme R.Davis, que j'ai décidé de me former à cette technique, dans un premier temps pour l'aider au mieux pour le suivi et, ensuite, pour en faire profiter d'autres dyslexiques dans le cadre de mon travail.
 
Ma formation s'est échelonnée sur 2 ans et les cours se faisaient à Bâle, en anglais, avec Mme Bonny Beuret, qui fut le bras droit de R.Davis. Nous avons eu à réaliser de nombreuses applications pratiques pendant notre formation, des examens à passer et un mémoire à rédiger.
 
Mon travail avec les dyslexiques est devenu une vraie passion et ma plus belle réussite se manifeste quand ils acquièrent le goût de la lecture, quand ils commencent à aimer écrire, quand ils n'ont plus peur de l'école, quand les mathématiques deviennent plus faciles...
 
La méthode R.Davis s'adresse aux dyslexiques et aussi aux " dys associés" (dyspraxiques, dyscalculiques, dysorthographiques), aux troubles déficitaires de l'attention, aux hyperactifs.

Son efficacité réside en grande partie dans le fait qu'elle a été créée par un dyslexique, connaissant bien les phénomènes de désorientation (visuelles, auditives, coordination (du mouvement physique), désorientation spatio-temporelle (difficulté à s’orienter dans l’espace et dans le temps), problème de latéralité (inversion de gauche et droite)) induisant des erreurs à répétition et donc des difficultés d'apprentissage.
 
Au cours de mon travail j'observe beaucoup l'élève et je repère chez lui les facteurs déclencheurs des désorientations (lettres, chiffres, sons, mots abstraits...). Ceux-ci seront maîtrisés par l'élève, après lui avoir enseigné les outils lui permettant de se réorienter, chaque fois qu'il en a besoin.
 
Cette méthode ludique est efficace car on utilise les dons du dyslexique (créativité, vision en 3D, pensée en image) pour lui permettre de maîtriser ses symptômes dyslexiques, de retrouver ainsi confiance en lui et de lui donner de bien meilleures chances de réussite scolaire, gages d'un avenir meilleur.

Annexe 3

Schéma heuristique

Annexe 3 schéma heuristique 72 dpi


Annexe 4

Définitions des différents dys, tiré du site http://www.reseau-normandys.org :

La dysphasie est un trouble spécifique, sévère et durable du développement du langage.
Elle peut être plus ou moins sévère et se présenter sous des formes diverses : parole déformée, mots isolés ou associés, forme télégraphique, structures de phrases inadaptées, manque du mot, difficultés à construire et à organiser son discours, troubles de la compréhension.
Plusieurs classifications de la dysphasie ont été réalisées, bien que chaque enfant dysphasique présente son profil particulier selon l’importance du trouble au niveau de la programmation phonologique (production des sons), lexicale (acquisition et utilisation du vocabulaire), syntaxique (construction de phrases) ou de la compréhension, on distingue :
Ces syndromes sont souvent associés à d’autres troubles : troubles praxiques (graphisme, habillage…), du repérage temporel, de l’orientation spatiale, de l’abstraction et du comportement.

 

La dysorthographie recouvre les troubles spécifiques et durables, de l’acquisition et de la maîtrise de l’orthographe. Par ces caractères, elle se distingue du retard d’apprentissage de l’orthographe. Elle est majoritairement secondaire à une dyslexie.

 

La dyscalculie est un trouble sévère et durable des « compétences numériques et des habiletés arithmétiques » (citation de Temple). Elle concerne la construction du nombre, des opérations, et plus largement la structuration du raisonnement et l’utilisation des outils logiques et mathématiques.

 

La dyspraxie est un trouble spécifique du développement moteur, il y a altération du développement de la coordination motrice. Les anomalies peuvent toucher tout ou une partie des gestes.


Il existe deux types d’approche quant à la description des troubles :

  •  Une approche générale, centrée sur la notion de coordination avec les troubles de l’acquisition de la coordination (TAC) : il s’agit d’une maladresse à la réalisation des gestes (retard psychomoteur, maladresse à la manipulation d’objet, difficultés en sport, en écriture….).
  • Une approche cognitive qui  prend en compte non seulement l’exécution du mouvement mais la maîtrise de son objectif : le trouble de la réalisation gestuelle est secondaire alors à des difficultés dans la programmation, l’agencement, l’assemblage, et l’organisation spatio-temporelle des gestes volontaires. On parlerait alors davantage de dyspraxie.

Dans les deux cas, ces troubles entraînent des difficultés importantes dans la scolarité, et dans les activités de la vie quotidienne (habillage, repas, sport, dessin, écriture …).
Ces troubles ne s’accompagnent pas de retard intellectuel, de maladie neurologique acquise ou congénitale. S’il existe un retard mental, les difficultés motrices dépassent alors celles habituellement associées à celui-ci.

 

La dysgraphie est un trouble persistant du geste graphique retentissant de manière importante sur l’aspect formel de l’écriture. Elle retentit sur la forme des lettres, leurs liaisons, leur tracé et/ou la mise en page.
Le diagnostic de la dysgraphie nécessite une équipe pluridisciplinaire composée  principalement d’un médecin et d’un psychomotricien et/ou d’un ergothérapeute et/ou d’un orthophoniste, et si nécessaire d’un psychologue (bilan psychométrique).


Comme pour la dyslexie, le diagnostic est réalisé au minimum par un bilan orthophonique complété d’un bilan psychométrique. Il doit être précédé d’une consultation médicale au cours de laquelle le médecin recherche d’autres origines éventuelles des troubles constatés (audition, vision, maladie neurologique, développement psycho-affectif…).


Annexe 5

 Les signes spécifiques de la dyslexie, tiré du livre 3. DUMONT Annie, La Dyslexie, 2004, Solar, France :

L’enfant possède un esprit vif, brillant à l’oral, curieux de tout, mais peine à lire au-delà des premiers mois d’apprentissage.
Dès qu’il s’agit de lire, d’écrire ou de comprendre au moyen de la lecture, il est lent, voire très lent. On le considère souvent comme paresseux.
Lorsqu’il lit ou écrit, il réalise de façon répétée des confusions, des répétitions, des substitutions, des inversions, des omissions de lettres, de syllabes, de mots et/ou de chiffres.
Il a du mal à soutenir son attention, à retenir des noms propres, des leçons ou des poésies.
Il devient fatigué, agité ou stressé lorsqu’il s’agit de lire (notamment à haute voix) ou d’écrire.
Il présente des difficultés à se repérer dans l’espace (la gauche et la droite, le dessus et le dessous, l’est et l’ouest,…) et le temps (les mois, les saisons, les durées,…).
Il rencontre des difficultés à écrire, même en copie. Son écriture est souvent illisible ou irrégulière.
Il peut être ambidextre (c’est-à-dire utiliser indifféremment ses mains droite et gauche pour écrire, dessiner,…).
Il se croit bête et a peu d’estime de soi.
Ses erreurs se multiplient sous l’effet de la fatigue ou de stress.

Annexe 6

Présentation de l’aDsr, tirée de l’étude inter-cantonale romande, de Dr. Woringer et Mme Bauwens :

L’association Dyslexique suisse-romande est active depuis 2 décennies. Constituée à l’initiative de parents d’enfants souffrant de troubles « dys », principalement dyslexiques, elle réunit des bénévoles qui se soucient de la diffusion des connaissances sur la dyslexie, des informations sur le matériel adapté à sa prise en charge, de la bibliographie actualisée sur le sujet et de l’animation de groupes de parents d’enfants atteints de ce handicap. Elle souhaite représenter ces enfants et leurs familles auprès des départements de l’instruction publique romands, des directions d’établissement et du corps enseignant.

Annexe 7

Dyslexie, ARLD section bernoise :

Propositions générales :

  • Les adaptations nécessaires.
  • Informer la classe sur les aménagements.
  • Avancer à petits pas.
  • Être attentif aux exigences et à la surcharge cognitive.
  • Accorder plus de temps pour les travaux.
  • Éviter la lecture à haute voix.
  • Placer l’élève au premier rang.
  • Rassurer et encourager.

Quelques propositions pratiques :

  • Présentation sobre et claire des informations : séquences courtes, couleurs, panneaux, schémas, taille et police d’écriture, illustrations.
  • Anticiper les lectures, vérifier les informations connues, vérifier et aider à la compréhension des consignes.
  • Vérifier le lexique connu.
  • Relire des textes de différentes manières pour augmenter la vitesse de lecture.
  • Aides à la compréhension : schémas, dessins, surlignage (mots-clés).
  • Présenter des textes courts.

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Pour lire cette page en police Dyslexie de Christian Boer.