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Mon enfant parait atteint de dysphasie ou de dyslexie, que faire?

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La dysphasie est une difficulté au niveau de la structuration du langage oral, et survient plus tôt qu’une dyslexie, qui touche à la communication écrite (lettres).

Dysphasie

Un enfant peut paraître atteint de dysphasie (trouble beaucoup moins fréquent que la dyslexie), en général au début de l’école enfantine (ou avant !) si, malgré qu’il soit dans un milieu qui lui parle le français (en Suisse romande), il n’arrive pas à acquérir une structuration normale de son langage parlé au bout de quelques semaines à mois. Il convient bien entendu de tenir compte de son milieu familial, où on lui parle une éventuellement une autre langue et lui laisser le temps de progresser. Des doutes sur sa capacité à s’exprimer peuvent être présents avant cet âge dans une famille francophone.

Il convient d’exclure d’autres causes qui peuvent diminuer sa capacité à progresser (voir chapitre précédent). Un examen médical est proposé à cet effet à 4,5 ans chez le pédiatre ou son médecin de famille, qui fera le bilan des sa progression dans tous les domaines de son développement physique, psychique et relationnel, dont la communication. Si aucune des autres causes possibles  n’est mise en évidence, et que le retard au développement d’une capacité de communication correspondant à l’âge se confirme, il convient alors de faire un examen chez une logopédiste diplômée, soit en milieu scolaire, soit en privé.

Dyslexie

Un enfant ne peut paraître atteint de dyslexie que lorsqu’il a commencé l’apprentissage de la lecture des lettres et des premiers mots simples depuis quelques temps et qu’il n’y réussit pas ou seulement partiellement. Tout le monde sait que ce rythme et l’habileté des enfants est assez variable. La date limite pour le développement d’une lecture efficace est certainement la fin de la première année primaire (7 ans).
Mais certains enfants, qui passent ce stade apparemment sans problème en compensant leur handicap, peuvent avoir ultérieurement des difficultés récurrentes qui les bloquent dans le domaine de l’orthographe seulement, jusqu’en 5ème année primaire environ. Le diagnostic de ce même handicap peut donc aussi être tardif, et on dira que ces enfants sont dysorthographiques, même si c’est à la base un problème globalement de même origine.

Rapports entre ces troubles

Le fait est bien connu qu’une certaine proportion d’enfants dysphasiques se révèlera aussi par la suite souffrir de dyslexie, comme une certaine proportion de dyslexiques continueront d’avoir des problèmes avec l’orthographe, le cas échéant toute leur vie. Cela n’est pas un trouble surajouté, mais la présentation d’un même problème de base, qui est neurologique (structuration des connexions neuronales dans le cerveau).
Mais il n’y a pas de traitement médicamenteux connu actuellement qui permette d’aider ces enfants «dys»: seul un traitement logopédique, c'est-à-dire une rééducation, permet de faire acquérir les techniques personnelles, et ultérieurement les automatismes nécessaires pour maîtriser ce trouble.

Durée du traitement et qualité de la récupération

La rééducation est toujours efficace et toujours nécessaire dès que le diagnostic est posé par un professionnel, permet une récupération variable.
Mais le degré de cette récupération ne peut être pronostiqué avec certitude dans les premiers temps du traitement. Un traitement logopédique pour une atteinte de gravité faible à moyenne va couramment jusqu’à deux ans, et dans un 5% à 10% des cas jusqu’à 3 ans. Mais les atteintes plus importantes nécessitent éventuellement une durée de prise en charge plus grande.
Cette variabilité existe aussi dans la «qualité» de la récupération. Dans les meilleurs cas elle est intégrale. Mais cela est peu fréquent, et il reste souvent des traces après la fin du traitement.
Le traitement logopédique est stoppé lors qu’il apparait, de l’expérience du thérapeute, que l’enfant ne pourrait plus progresser notablement dans sa rééducation malgré une prolongation.

Evolution de la dyslexie dans le temps

Mais rééducation ne signifie pas que le trouble est toujours intégralement compensé. La plupart des dyslexiques vont continuer, leur vie durant, de souffrir de quelques problèmes dans certains domaines de la lecture et de l’écriture (précision, lenteur), avec une fréquence plus grande que le reste de la population. Mais ils auront appris où ils se situent, et comment y faire face efficacement.

Il est aussi courant de s’améliorer avec les années, et que l’effort de mémorisation intense permette d’y faire face. Il se peut aussi que dans la vie professionnelle, confrontés à de nouveaux défis, des dyslexiques voient leur fragilité se manifester à nouveau ; ils peuvent même bénéficier alors d’une reprise du traitement logopédique. D’autres dyslexiques développent (par compensation?), des talents dans les domaines spatial, artistique, et en font leur métier, d’autant qu’ils y sont peu confrontés à la lecture et l’écriture qui continuent de leur poser problème.

Ils peuvent aussi s’adapter avec des moyens électroniques (ordinateur avec correcteur de texte, dictionnaire électronique, etc.)(vw)

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Pour lire cette page en police Dyslexie de Christian Boer.